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Biography - Robert Combas

Mes premières sculptures en bronze, elle sont très Figuration Libre, forcément !
Autour du thème du cinéma pour mon exposition à Cannes « Cinéphage à gogo », j’ai réalisé un ensemble de 4 sculptures : une installation à l’extérieur comme une invitation à l’exposition des tableaux à l’intérieur.
Au centre de cette installation, un personnage : un réalisateur la tête dans la machine filme une scène d’action. La scène : ce sont deux personnages en mouvement qui se castagnent ! Aujourd’hui plus de la moitié de la production cinématographique montrent des scènes de violence : coups de feu, explosions meurtres à l’arme blanche…..Puis, un peu en retrait, une femme sexy, dite « à la pose lascive » avec minijupe et grosse poitrine, regarde le combat des deux hommes. Du sexe, l’autre ingrédient incontournable du cinéma actuel ou de l’art actuel.
Cette installation de sculptures dont chaque personnage isolé constitue une œuvre à part entière, est une représentation de la société et de toutes les images qu’on avale aujourd’hui à gogo : sexe et violence.
La figuration libre, c’est un peu ça : montrer ce monde qu’on avale sans réfléchir, mais sous un aspect non réaliste. C’est un peu grossier, vulgaire, caricatural, mais en fait, ça radoucit la violence..
Mais cette scène, c’est en fait, le tournoi du Moyen-Âge, le combat pour la femme qui représente le Graal, c’est la Guerre de Troie déclenchée pour la Belle Hélène, ce sont les combats de rue pour la Belle Maria mythifiés par « West side story » …Amour et mise à mort : éternelles histoires qui nourrissent la poésie, la littérature, la peinture et le cinéma.

Les peintures sur le cinéma que je présente tentent de montrer à ma manière différents thèmes et genres. C’est le cinéma qui s’est imprimé en moi, celui aussi que j’ai subi. Tout ceci est en fait anarchique. Par exemple, Luis Bunuel réalise un film avec les personnages mythiques du cinéma d’animation mais les personnages ont subi une déformation, et le célèbre réalisateur surréaliste se retrouve dans une situation dadaïste.
Je mélange les genres : par exemple, dans l’hommage à la grande star Elizabeth Taylor : le tableau est découpé en deux parties : avec sur un côté, son portrait de trois quarts en couleur. Le trait est emprunté au style bande dessinée dit « ligne claire » dont le pape précurseur fut Hergé. Sur l’autre pan du tableau, je trace un croquis de grande taille en noir et blanc auquel je rajoute des matières épaisses et qui représente la caméra, le réalisateur, les techniciens…Dans ce même tableau, on trouve deux techniques différentes, deux visuels différents, le monde de l’ombre, celui de la lumière. J’ai composé ce tableau d’après une scène de tournage d’un film de Jacques Tati dont j’avais la photo.
Dans cette exposition, beaucoup de choses se croisent et se télescopent comme dans notre esprit en fait. Charlot donne un coup de pied à Hitler en style Kung Fu, c’est un coup de chapeau au chef d’œuvre qu’est « Le dictateur ».
Sur un autre tableau Éric Von Stroheim, que j’aime beaucoup, est montré dans un univers très différent du sien, style « Miro-Combas ». S’agissant d’un autre tableau, j’ai choisi de le mettre dans l’exposition alors qu’au départ, il n’avait pas de rapport avec l’exposition. Un copain vient dans l’atelier et me dit «tiens, tu as peint « le guépard » (le films évidemment) ? » : en fait, il n’y avait aucun rapport : le tableau représente une espèce de tigre-chat qui saute de gauche à droite autour de trois « Ricardo » (mon assistant). La projection de ce copain m’a donné l’idée et j’ai rajouté des caméras et ainsi c’est devenu : « Le guépard rayé ».
Je me suis laissé guider par mon instinct, mes souvenirs, les images qui m’arrivaient dans la tête et je me dis qu’elles sont peut-être aussi dans la tête des gens.

Robert Combas, juin 2007


 
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